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mercredi 20 décembre 2017

Critique Livre n°70 : De retour de Marie Geffray

Salut la Compagnie !
Je viens vous parler d'un livre Masse Critique Jeunesse et Jeune adultes cette semaine, avec De retour de Marie Geffray ! Merci Babelio pour cette plongée dans le voyage retour des déportés !

Quelques données sur le livre :
Titre : De retour
Auteur : Marie Geffray
Année de parution : Décembre 2012
Editions : du Jasmin
Prix :  19€90
Nombre de pages : 230 p.

Le résumé :
Fin de la guerre. Le temps des combats s’achève. Un nouvel espoir se lève. Mais comment vivre auprès de ceux qui n’ont ni vu ni vécu les souffrances et la mort au quotidien ? Peut-on se consacrer à l’avenir en laissant les fantômes du passé derrière soi ?
Autant d’interrogations que nous livre Marie Geffray, dans ce récit sur la vie d’après-guerre. Dans un style sobre et puissant, l’auteur nous entraîne au plus profond du cœur des hommes… Vers un retour à l’humanité ?

Mon avis :
Si on regarde le livre, la couverture ne présage pas de son contenu. Un beau jasmin en ombre chinoise se déroule sur le blanc de cette première page extrêmement belle. 

Ouvrons ensuite le livre et abordons cette histoire divisée en petits chapitres assez courts. Deux récits se superposent dans cet ouvrage, dont la temporalité se déroule soit avant la Libération, soit juste après. Ce n'est pas une fois avant, une fois après. Non, les deux s'entremêlent au gré des souvenirs de notre héros. 

En effet, la narration à la première personne nous raconte tout (ou presque) de Paul, âgé de 16 ans au début de la guerre. Confronté dès le début à la montée de la violence en Europe, puis à l'occupation, il refuse de courber l'échine face à cet envahisseur, passivement dans un premier temps, puis activement. Il subira le sort de nombre d'insoumis ayant refusé la collaboration dans toutes ses formes : la déportation. Comment est-il arrivé dans ce camp et quel sera le long chemin de retour vers les siens après l'arrivée des Alliés, comme une étoile brillante dans la nuit noir de l'horreur ? C'est ce que l'on découvre page après page. Présenter la Libération comme une cassure dans l'esprit de ce jeune homme est une idée assez sympa pour la psychologie du personnage principal. La chronologie également est intéressante au sens où c'est un récit de souvenirs, Paul pose un regard de quelqu'un qui vient de redécouvrir ce que ça fait de vivre libre. La libération pour lui ne représente pas tout à fait la fin du calvaire et la liberté et c'est pour cette raison que l'expérience est particulièrement intrigante en ce sens. 

De Paul, on connait presque tout au fil des paragraphes : son enfance, ses rêves et aussi ses amours. Cette enfance insouciante auprès d'un père qui reste bloqué dans les tranchées de 14 et d'un ami de toujours qui le sera jusqu'au bout, ses rêves de reprise des terres familiales et ses amours jeunes et sans craintes de deux jeunes gens qui découvrent leur sentiment dans un village troublé. Travailleur et volontaire, il est apprécié de presque tous et sa ténacité est peut-être la qualité que le lecteur retiendra. Dans ses souvenirs et ses pensées se mêlent la crainte, les doutes, mais aussi l'espoir et parfois l'incompréhension ou encore par moment l'esprit de vengeance. Comment revenir quand si peu sont réapparus ?

On fait la connaissance également de ses parents, ses sœurs, ses beaux-frères, les habitants du village de Montillon, mais aussi de son ami Jean, de Suzanne, la cousine de ce dernier ou encore d’Émile, le compagnon de la dernière heure. Autant de personnalités loyales ou versatiles, que la guerre va transformer. Comme souvent à cette période, le bon côtoie le pire. Les uns se terrent quand les autres agissent. Les liens s'étiolent, les affinités apparentes fanent, autant que les amitiés fortes se renforcent. L'évolution est très intéressante à observer au travers des yeux de Paul.

Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce livre. Il est assez court et se lit très facilement. J'ai adoré l'écriture chantante et poétique de Marie Geffray. 
Ayant reçu ce livre lors d'une masse critique jeunesse et jeunes adultes, on peut clairement dire que ce livre n'est pas forcément à mettre entre toutes les mains du fait des passages les plus durs.
Petite note moins bonne, le résumé laissait entendre que nous allions aborder la vie après la guerre, après le retour de Paul, or ce n'est pas le cas. Le tout s'arrête un peu brutalement peu de temps après son retour à Montillon et cela nous laisse beaucoup d'interrogations. La fin est complètement ouverte et cela fait bizarre à lire. On en attendais plus. Un 17/20 pour ce livre qui le mérite largement.

Enjoy :)

mardi 24 mai 2016

Critique Livre n°43 : La Nuit d'Elie Wiesel

          Salut la Compagnie !

Après des romans de fiction, voici un témoignage. Et quel témoignage ! C'est parti pour le roman d'Elie Wiesel, La Nuit. Pour les plus sensibles, ce livre n'est peut-être pas pour vous. Mais il doit être lu ! 
 
Quelques données sur le livre :
Titre : La Nuit
Auteur : Elie Wiesel
Année de parution originale : 1958
Année de la présente éditions : 2007
Editions : Editions de Minuit
Prix : 7,10 €
Nombre de pages : 200 p.
 
Le résumé :
La Nuit est un récit d'Elie Wiesel fondé sur son expérience lorsque, jeune juif orthodoxe, il fut déporté avec sa famille dans le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, puis dans le camp de concentration de Buchenwald, dont il fut libéré le 11 avril 1945, à l'âge de 16 ans.

 


Mon avis :
Plutôt qu'une histoire, c'est un témoignage donc, un morceau de la grande Histoire. Elie Wiesel nous raconte les quelques mois peut-être les plus importants de sa vie. Du moins ceux qui l'ont formaté alors qu'il n'était qu'un adolescent. Ce livre est peut-être un exutoire, un moyen de lâcher un peu de pression. Pour lui, c'est un besoin de raconter son histoire, peut-être pour se convaincre que c'était vrai, avant que la mémoire fasse son travail de sape. Les chapitres sont comme des étapes de son périple.

Ce livre n'est pas peuplé de personnages mais d'âmes, perdues ou en perdition, et qu'on ne retrouvera jamais autrement que dans les souvenirs .Des parents et amis, anciens ou récents, certains sont heureux, d'autres non, certains gardent espoir, d'autres non. Certains sont partis depuis longtemps, bien avant leur départ véritable.

Une tragédie se joue dans plusieurs endroits. Dans un décor de village, de wagon de marchandises, dans une gare remplie de morts qui marchent et de désespoir, dans un camp de travail, puis dans un autre camp, et enfin devant un miroir. Mais ce n'est pas de la fiction. C'est une réalité trop brutale pour nous sembler vraie, mais pourtant elle l'est, d'où la distance que l'on ressent parfois mais qui nous prend qu'à la fin du livre.

L'écriture est simple en comparaison. Celle d'un homme qui n'a pas besoin de mots compliqués pour nous raconter ce qu'il a vécu. J'ai parcouru ce livre sans trop de difficulté, du fait de cette distanciation que j'évoquais plus haut. La dernière phrase m'a particulièrement marquée et m'a fait prendre conscience de ce que je venais de lire. C'est un livre qui peut se lire vite et dont on comprend le message à la fin, ou bien en en digérant chaque page et en tentant de saisir l'ensemble de tout ce qu'il exprime dans ce texte poignant.

Il récolte un très bon 18/20. Un texte dur, triste, mais fort ! Å découvrir.