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vendredi 29 décembre 2017

Critique Livre n°71 : Le Soldat XXè-XXIè



Salut la Compagnie !
Vous connaissez ma curiosité légendaire en matière de livres, c'est pourquoi quand Livraddict m'a proposé de lire un ouvrage sur les soldats français, je n'ai pas hésité ! Penchons nous sur le livre Le Soldat, XIXe - XXe siècle chez Gallimard. Merci à eux deux pour ce partenariat.

Quelques données sur le livre :
Titre : Le Soldat, XXe - XXIe siècle
Auteur : Collectif, sous la direction de François Lecointre
Année de parution : 18 Janvier 2018
Editions : Gallimard/Folio Histoire
Prix :  8€30
Nombre de pages : 448 p.

Le résumé :
La collection Folio histoire reflète la diversité des écritures et des besoins d’histoire. La revue Inflexions, publiée sous l’égide du Ministère de la Défense, donne matière à réflexion en ce domaine, grâce à la prise de parole et à l’analyse d’officiers qui, au sens le plus strict du terme, témoignent de ce qu’ils ont fait. L’ouvrage est organisé en trois parties : « Du soldat » ou les valeurs qui l’animent, voire le définissent de nos jours — bravoure ou courage, commémoration du passé, exercice de l’autorité, légalité ou illégalité des ordres, entrée en dissidence ; « Au combat » ou les dimensions nouvelles du métier des armes, de la tentation de l’hubris à l’heure du soldat technologiquement augmenté, la plus ou moins grande proximité avec l’ennemi, le rôle des forces morales dans la conduite de la guerre à partir d’exemples d’engagements ciblés, avec toujours le massacre pour horizon à dépasser — du moins pour des soldats de métier engagés dans la guerre dissymétrique où le sacrifice de la population civile est une des tactiques du partisan ; « Le retour » ou l’épreuve faite par le combattant des blessures, voire des désordres psychiques suite à la mort infligée à l’ennemi qui est souvent un autre soi-même, lui aussi père, fiancé, amant ; un retour où le silence est imposé au soldat par une société qui n’a pas, loin s’en faut, toujours conscience qu’elle est, à travers les engagements de son armée de métier sur des théâtres lointains, déjà en guerre. Ne lui reste alors que la médaille, revers d’une société qui ne veut pas écouter, entendre, savoir. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage une leçon d’histoire immédiate.

Mon avis :
Il est à noter que je n'ai pas reçu le livre dans sa version définitive, le livre ne paraissant que le 18 Janvier prochain. Le livre est donc complètement dépouillé et attise encore davantage ma curiosité. 

Dans une France où les militaires patrouillent tous les jours dans nos quartiers et nos gares, la question de l'évolution de ceux-ci depuis plus d'un siècle est un sujet dont on parle peu. La modification du contexte géopolitique a entraîné de grands changements dans la perception de l'armée qui est aujourd'hui exclusivement professionnelle. Où se situe le soldat aujourd'hui ? 

Ce livre est un recueil d'écrits. Ceux-ci sont des textes parus préalablement dans la revue Inflexions. Cette dernière, publiée depuis 2005, est composée de publications centré sur l'action militaire et tout ce que s'y rapporte. Écrits par des militaires de carrière où des personnes en contact direct avec l'organe de défense comme des médecins ou des historiens, l'éditeur a décidé de regrouper les textes les plus représentatifs en 3 parties. 

«Du Soldat» aborde les valeurs comme le courage, la bravoure, ou encore l'autorité, le devoir de mémoire, le devoir d'obéir, mais aussi de désobéir et d'entrer en dissidence.
«Au Combat» traite du militaire augmenté, par des accessoires ou physiquement, en situation de combat mais aussi de la notion d'ennemi, la vie sous une forte contrainte psychologique et autre.
Enfin «Le Retour», parle de «l'après», des décorations éventuelles, des séquelles physiques ou psy, de la reprise d'une vie «normale» auprès ses siens.

Des «baillonettes éclairées» au Maréchal de Lattre de Tassigny, de l'autorité à la désobéissance pour la protection des populations locales, mais aussi en abordant aussi le cadre légal de l'obéissance, mon appréciation de la tradition militaire et de ce que l'on demande aujourd'hui aux forces armées s'en est vu largement agrandie.
 
Il m'a été compliqué de rédiger cette chronique. Complètement néophyte, j'ai trouvé la plupart des textes particulièrement intéressants et j'ai appris beaucoup de choses. Il est toujours très enrichissant de découvrir quelque chose par le point de vue de ceux qui en sont acteurs. Les textes sont très précis, alliant argumentaires et exemples concrets. Le soldat revêt une certaine humanité, on appréhende sa psychologie particulière, celle qui lui permet d'avancer quand son instinct crie de fuir, mais aussi la souffrance au retour. 

Cependant cet ouvrage est assez long à lire. On a parfois envie de sauter certains passages. Ce livre tombe dans le champ de l'essai et si on n'a pas une curiosité pour le domaine militaire ou encore une envie d'en savoir plus, je ne le conseille pas forcément, ou bien pour certains articles particulièrement prenants et exaltants. Le livre est surtout une matière à réflexion. La plume varie énormément du fait de sa multiplicité d'auteurs.
C'est un ouvrage nécessaire pour la compréhension de la «Grande Muette». Un livre qui est comme son sujet : complexe ! C'est un 15/20 pour moi.

Enjoy :)

mercredi 20 décembre 2017

Critique Livre n°70 : De retour de Marie Geffray

Salut la Compagnie !
Je viens vous parler d'un livre Masse Critique Jeunesse et Jeune adultes cette semaine, avec De retour de Marie Geffray ! Merci Babelio pour cette plongée dans le voyage retour des déportés !

Quelques données sur le livre :
Titre : De retour
Auteur : Marie Geffray
Année de parution : Décembre 2012
Editions : du Jasmin
Prix :  19€90
Nombre de pages : 230 p.

Le résumé :
Fin de la guerre. Le temps des combats s’achève. Un nouvel espoir se lève. Mais comment vivre auprès de ceux qui n’ont ni vu ni vécu les souffrances et la mort au quotidien ? Peut-on se consacrer à l’avenir en laissant les fantômes du passé derrière soi ?
Autant d’interrogations que nous livre Marie Geffray, dans ce récit sur la vie d’après-guerre. Dans un style sobre et puissant, l’auteur nous entraîne au plus profond du cœur des hommes… Vers un retour à l’humanité ?

Mon avis :
Si on regarde le livre, la couverture ne présage pas de son contenu. Un beau jasmin en ombre chinoise se déroule sur le blanc de cette première page extrêmement belle. 

Ouvrons ensuite le livre et abordons cette histoire divisée en petits chapitres assez courts. Deux récits se superposent dans cet ouvrage, dont la temporalité se déroule soit avant la Libération, soit juste après. Ce n'est pas une fois avant, une fois après. Non, les deux s'entremêlent au gré des souvenirs de notre héros. 

En effet, la narration à la première personne nous raconte tout (ou presque) de Paul, âgé de 16 ans au début de la guerre. Confronté dès le début à la montée de la violence en Europe, puis à l'occupation, il refuse de courber l'échine face à cet envahisseur, passivement dans un premier temps, puis activement. Il subira le sort de nombre d'insoumis ayant refusé la collaboration dans toutes ses formes : la déportation. Comment est-il arrivé dans ce camp et quel sera le long chemin de retour vers les siens après l'arrivée des Alliés, comme une étoile brillante dans la nuit noir de l'horreur ? C'est ce que l'on découvre page après page. Présenter la Libération comme une cassure dans l'esprit de ce jeune homme est une idée assez sympa pour la psychologie du personnage principal. La chronologie également est intéressante au sens où c'est un récit de souvenirs, Paul pose un regard de quelqu'un qui vient de redécouvrir ce que ça fait de vivre libre. La libération pour lui ne représente pas tout à fait la fin du calvaire et la liberté et c'est pour cette raison que l'expérience est particulièrement intrigante en ce sens. 

De Paul, on connait presque tout au fil des paragraphes : son enfance, ses rêves et aussi ses amours. Cette enfance insouciante auprès d'un père qui reste bloqué dans les tranchées de 14 et d'un ami de toujours qui le sera jusqu'au bout, ses rêves de reprise des terres familiales et ses amours jeunes et sans craintes de deux jeunes gens qui découvrent leur sentiment dans un village troublé. Travailleur et volontaire, il est apprécié de presque tous et sa ténacité est peut-être la qualité que le lecteur retiendra. Dans ses souvenirs et ses pensées se mêlent la crainte, les doutes, mais aussi l'espoir et parfois l'incompréhension ou encore par moment l'esprit de vengeance. Comment revenir quand si peu sont réapparus ?

On fait la connaissance également de ses parents, ses sœurs, ses beaux-frères, les habitants du village de Montillon, mais aussi de son ami Jean, de Suzanne, la cousine de ce dernier ou encore d’Émile, le compagnon de la dernière heure. Autant de personnalités loyales ou versatiles, que la guerre va transformer. Comme souvent à cette période, le bon côtoie le pire. Les uns se terrent quand les autres agissent. Les liens s'étiolent, les affinités apparentes fanent, autant que les amitiés fortes se renforcent. L'évolution est très intéressante à observer au travers des yeux de Paul.

Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce livre. Il est assez court et se lit très facilement. J'ai adoré l'écriture chantante et poétique de Marie Geffray. 
Ayant reçu ce livre lors d'une masse critique jeunesse et jeunes adultes, on peut clairement dire que ce livre n'est pas forcément à mettre entre toutes les mains du fait des passages les plus durs.
Petite note moins bonne, le résumé laissait entendre que nous allions aborder la vie après la guerre, après le retour de Paul, or ce n'est pas le cas. Le tout s'arrête un peu brutalement peu de temps après son retour à Montillon et cela nous laisse beaucoup d'interrogations. La fin est complètement ouverte et cela fait bizarre à lire. On en attendais plus. Un 17/20 pour ce livre qui le mérite largement.

Enjoy :)

mardi 18 juillet 2017

Critique Livre n°62 : Paris au siècle des Lumières d'Arlette Farge

Salut la Compagnie !
Ceux qui me connaissent le savent bien, je suis passionnée d'histoire et j'adore Paris, la ville où je réside. Alors quand Babelio organise une opération masse critique et que ce livre est proposé, j'avoue que ma curiosité a été piquée ! C'est parti pour un moment de découverte au travers du livre Paris au siècle des Lumières d'Arlette Farge. Merci à Babelio et les éditions Le Robert pour ce partenariat.

Quelques données sur le livre :
Titre : Paris au siècle des Lumières
Auteur : Arlette Farge
Année de parution originale : Avril 2017
Editions : Le Robert
Prix : 12,90 €
Nombre de pages :  192 p.

Le résumé :
Comment vivaient les Parisiens au XVIIIe siècle ? Comment se logeaient-ils, s'habillaient-ils, se nourrissaient-ils, se divertissaient-ils, loin des fastes de la vie de cour ? Et quel français, au juste, parlaient-ils ? Grâce à cette nouvelle façon d'écrire l'histoire, dans un style baigné des odeurs, des bruits et des couleurs de la vie populaire de l'époque, Arlette Farge nous transporte dans un Paris méconnu. Ici, une lavandière des bords de Seine frappe son linge avec un battoir, là un cabaretier propose une chopine de vin pour trois sols. Nous projetant dans notre réalité d'aujourd'hui, l'auteur décrit les lieux de sociabilité nés sur le pavé du XVIIIe siècle : les cafés, les restaurants, et raconte les émotions et les concepts qui ont façonné notre monde moderne : l'intimité, la séduction, l'opinion... Ce livre est une plongée vertigineuse dans le dédale des rues de la capitale, ses lieux de vie bruyants, encombrés et envahis par les animaux, entrecoupés de majestueuses promenades : le Palais-Royal, les Tuileries, les Champs-Élysées, où se croisent alors toutes les classes sociales. C'est un envers du décor, qui nous livre une vision intime et humaine du XVIIIe siècle, à l'ombre des Lumières.

Mon avis :
Les bâtiments racontent souvent l'Histoire avec un grand H, mais ils ne racontent pas toujours les mœurs des personnes qui ont vécus dans leurs murs.
J'étais donc très curieuse à propos de ce livre. J'ai découvert un livre très intéressant à parcourir !
Arlette Farge a réussi à nous faire sentir la vie, les relations et les us et coutumes des gens du XVIIIème siècle.
Le livre en lui même est très beau et attire l'œil. Les illustrations ... illustrent très bien les propos. La mise en couleur des titres et de certains passages est superbe.
Ce livre est très instructif. Chaque aspect (la ville de Paris, quotidien des parisiens, vie en société, le parler de l'époque) est minutieusement documenté, ce qui est souvent le cas quand une historienne reconnue s'attaque à un sujet. Les procès verbaux sont une source très intéressante à laquelle je n'aurais pas pensé pour de plonger dans ce siècle charnière de l'histoire française. Les riches comme les pauvres sont passés au crible et leurs petites manies sont décryptées.
En revanche, j'aurais aimé que les sujets soient davantage développés. On survole pour la plupart. Les paragraphes sont courts. de même j'aurai apprécié quelques phrases représentatives du parler patois d'alors.

En résumé, c'est un livre très sympathique et agréable à lire. C'est une très bonne entrée en matière pour tous les petits curieux du siècle des Lumières ! Il récolte la note de 17/20.

Enjoy :)

mardi 24 mai 2016

Critique Livre n°43 : La Nuit d'Elie Wiesel

          Salut la Compagnie !

Après des romans de fiction, voici un témoignage. Et quel témoignage ! C'est parti pour le roman d'Elie Wiesel, La Nuit. Pour les plus sensibles, ce livre n'est peut-être pas pour vous. Mais il doit être lu ! 
 
Quelques données sur le livre :
Titre : La Nuit
Auteur : Elie Wiesel
Année de parution originale : 1958
Année de la présente éditions : 2007
Editions : Editions de Minuit
Prix : 7,10 €
Nombre de pages : 200 p.
 
Le résumé :
La Nuit est un récit d'Elie Wiesel fondé sur son expérience lorsque, jeune juif orthodoxe, il fut déporté avec sa famille dans le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, puis dans le camp de concentration de Buchenwald, dont il fut libéré le 11 avril 1945, à l'âge de 16 ans.

 


Mon avis :
Plutôt qu'une histoire, c'est un témoignage donc, un morceau de la grande Histoire. Elie Wiesel nous raconte les quelques mois peut-être les plus importants de sa vie. Du moins ceux qui l'ont formaté alors qu'il n'était qu'un adolescent. Ce livre est peut-être un exutoire, un moyen de lâcher un peu de pression. Pour lui, c'est un besoin de raconter son histoire, peut-être pour se convaincre que c'était vrai, avant que la mémoire fasse son travail de sape. Les chapitres sont comme des étapes de son périple.

Ce livre n'est pas peuplé de personnages mais d'âmes, perdues ou en perdition, et qu'on ne retrouvera jamais autrement que dans les souvenirs .Des parents et amis, anciens ou récents, certains sont heureux, d'autres non, certains gardent espoir, d'autres non. Certains sont partis depuis longtemps, bien avant leur départ véritable.

Une tragédie se joue dans plusieurs endroits. Dans un décor de village, de wagon de marchandises, dans une gare remplie de morts qui marchent et de désespoir, dans un camp de travail, puis dans un autre camp, et enfin devant un miroir. Mais ce n'est pas de la fiction. C'est une réalité trop brutale pour nous sembler vraie, mais pourtant elle l'est, d'où la distance que l'on ressent parfois mais qui nous prend qu'à la fin du livre.

L'écriture est simple en comparaison. Celle d'un homme qui n'a pas besoin de mots compliqués pour nous raconter ce qu'il a vécu. J'ai parcouru ce livre sans trop de difficulté, du fait de cette distanciation que j'évoquais plus haut. La dernière phrase m'a particulièrement marquée et m'a fait prendre conscience de ce que je venais de lire. C'est un livre qui peut se lire vite et dont on comprend le message à la fin, ou bien en en digérant chaque page et en tentant de saisir l'ensemble de tout ce qu'il exprime dans ce texte poignant.

Il récolte un très bon 18/20. Un texte dur, triste, mais fort ! Å découvrir.