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mercredi 22 mars 2017

Critique Livre n°60 : De tes nouvelles d'Agnès Ledig


Salut la Compagnie !
Pour ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux, vous avez du vous en rendre compte, j'aime beaucoup Agnès Ledig ! Chaque nouveau roman est une belle rencontre avec des personnages ordinaires mais complexes, banaux mais qui valent à eux-seuls de lire leurs aventures. C'est pourquoi je dis un grand merci à Babelio et aux éditions Albin Michel de m'avoir permis de découvrir le nouveau roman De tes nouvelles écrit par une auteur que j'apprécie tant !

Quelques données sur le livre :
Titre : De tes nouvelles  
Auteur : Agnès Ledig
Année de parution originale : 2017
Editions : Albin Michel
Prix : 19,80 € 
Nombre de pages : 320 p.

Le résumé :

Valentine, institutrice dans un village vosgien, avait vu entrer dans sa vie Eric, meurtri par la mort de sa femme, et sa fille Anna Nina. Devenus amants, Eric et elle se sont séparés, incertains de leurs sentiments. Le veuf inconsolable est cependant revenu avec sa fille et la fondation d'une nouvelle famille semble être une évidence. Mais une présence masculine inattendue vient semer le trouble.





Mon avis :
Attention, quelques spoilers du premier tome, On regrettera plus tard (critique à venir), peuvent se glisser dans cette critique...

On avait quitté les personnages repartant chacun de leur côté. Le "happy ending" que nous attendions n'avait pas forcément eu lieu. Mais, même si on ne s'attendais pas à cette fin, elle était ouverte à une suite sans l'obliger. De tes nouvelles poursuit donc l'histoire de Valentine, Eric, Anna-Nina, Gustave et Gaël. Le second peut se lire sans le premier, mais comme il en est la suite directe, c'est mieux de l'avoir lu !

Le livre couvre environ une année scolaire. Le débarquement en vue d'une possible sédentarisation de Éric et Anna-Nina provoque une petite révolution dans la vie de tous. L'histoire montre la façon dont chacun cherche, et parfois trouve, ses marques dans cette "famille" qui se construit d'une façon peu commune. Ce livre n'est pas mon préféré parmi tous ceux d'Agnès Ledig que j'ai lu, Juste avant le bonheur et Pars avec lui étant loin devant. Même si ça reste très positif et fidèle au style de l'auteur, on peut noter quelques facilités dans le récit. Des petites choses un peu tirées par les cheveux se mêlent au récit, c'est un peu dommage ...

La fin est plutôt attendue, malgré le doute que l'auteur essaie d'instaurer. Une petite pincée de folie ne serait pas en trop par moment. :) Une fin attendue mais ouverte, peut-être l'occasion pour creuser d'autres personnages et pourquoi pas quitter les Vosges ?

Les personnages continuent à être largement développés. Si je les avais beaucoup aimé dans On regrettera plus tard, j'ai aimé en découvrir qui viennent s'ajouter dans la joyeuse bande. Si Valentine et Éric ne change pas ou peu, Gaël se dévoile, Anna-Nina éclaire le récit par sa brillante ingéniosité et sensibilité et Gustave se révèle de plus en plus comme le grand-père que j'aimerais avoir. On fait la connaissance de Sébastien et par bribes d'un bucheron qui pourrait tout remettre en cause.
Un petit flash-back est présent également, même si il aurait pu être abordé davantage. 

Côté écriture, la plume d'Agnès Ledig est addictive comme toujours et le livre se lit très rapidement. La narration multiplie les points de vues aussi bien internes qu'externes, contrairement au  premier tome qui ne montrait que 3 narrations (Valentine, Éric et Suzanne). On pourrait s'y perdre par moment. 

En résumé, j'ai un sentiment bizarre en refermant le livre. Deux choses de mêlent, une petite pointe de déception et l'envie de continuer à lire du Agnès Ledig encore, peut-être dans un troisième tome. Si l'histoire pêche un peu, les personnages rattrapent le tout, et comme toujours avec cette auteur, cette petite lueur d'espoir. Un 16/20 pour ce livre ce sera !

mardi 15 novembre 2016

Critique n°54 : La vieille dame qui avait vécu dans les nuages de Maggie Leffler

Salut la Compagnie ! 

Avant tout je tenais à remercier les éditions HarperCollins et Babelio pour m’avoir permis de découvrir ce roman lors d’une masse critique privilégiée. Explorons ensemble le ciel de La vieille dame qui avait vécu dans les nuages de Maggie Leffler.

A noter que j’ai lu l’épreuve anticipée et non corrigée du roman.

Quelques données sur le livre : 
Titre : La vieille dame qui avait vécu dans les nuages
Titre VO: The secrets of flight
Auteur : Maggie Leffler
Date de parution : 2 Nov. 2016
Editions : HarperCollins
Prix : 17,90 €
Nombre de pages : 352 pages

Résumé : 
Un roman sur le courage de ces femmes oubliées de l’Histoire qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont participé à l’effort de guerre.
 
A 87 ans, Mary Browning sent que le temps est venu pour elle de raconter son histoire et les secrets qu’elle garde enfouis depuis de si longues années. En fait, depuis le jour où un parachutiste est tombé dans le jardin de ses parents, faisant éclore son rêve : devenir aviatrice. Cette passion, Mary l’a vécue intensément, à chaque seconde de sa vie. Mais, en retour, elle a payé le prix fort, allant jusqu’à renier ses origines juives et sa famille pour suivre son destin. 
A qui confier et transmettre le récit de ce qui fut à la fois son feu sacré et sa grande faute ? La réponse arrive en la personne d’une très jeune fille. En elle, Mary croit retrouver les traits de Sarah, sa sœur adorée qu’elle a dû abandonner. Un signe du destin qui marque le début d’une amitié aussi belle qu’improbable, faite de confidences et de récits extraordinaires jusqu’à l’émouvante révélation finale...
Ce roman est inspiré de faits réels — le rôle courageux et désintéressé joué par les femmes pilotes américaines pendant la Seconde Guerre mondiale, longtemps tenu secret. En 2009, Barack Obama leur a rendu hommage devant le Congrès.

Mon avis : 
Lors d’un atelier d’écriture à Pittsburgh se côtoient des retraités, mais pas seulement. Une nouvelle venue, beaucoup plus jeune va arriver et chambouler les habitudes du groupe et d’une personne en particulier. Elyse, 15 ans, collégienne en manque de repères, d’affection et de soutien, va se lier avec Mary, 87 ans, au passé plus riche qu’elle ne laisse l’entendre. Elles deviennent vite indispensables l’une pour l’autre. Ce livre raconte donc une rencontre entre deux générations, entre deux époques, et entre des personnes d’horizons très divers. C’est cette rencontre qui va permettre à ces deux membres de nous raconter leur histoire.

Le roman se construit à plusieurs voies et alterne entre deux époques suivant les chapitres, l’époque actuelle ou Mary est une vieille dame, et un récit pour personnel, sous forme de mémoires que Mary a chargé Elyse de retranscrire.

L’adolescente, timide et introvertie, se révèle très intéressée par l’aventurière insoupçonnée qui se présente à elle. Personne autonome et indépendante, Mary a toujours eu le désir de voler de ses propres ailes.

Ce livre, bien que fiction, retrace un épisode méconnu aujourd’hui de la 2nde guerre mondiale. Mary fut une WASP (Women Airforce Service Pilots), elle était de ces femmes pilotes dans l’armée américaine durant le conflit. Cachées du grand public, elles ont pourtant rendu un grand service aux USA sans aucune reconnaissance jusque très récemment. On découvre leurs joies, leurs peines, leurs rêves, espoirs, peurs et espérances, mais ce qui nous frappe c'est le courage de ces femmes face à cette activité dangereuse mais libératrice pour certaines.  

Le travail de documentation de l'auteur est indéniable. On sent la puissance des témoignages qu'elle a recueillis pour écrire les lignes des mémoires de Mary et leur rendre justice de la meilleure façon. 

Au cours du récit, on rencontre aussi d'autres thèmes. Le premier est la maladie, avec toutes ses inconnues et la réaction qu’elle engendre chez le malade et ses proches. On trouve aussi la question de la famille ou encore de l’amour naissant ou déçu qui nous emporte et nous fait prendre des décisions que l’on regrette parfois.

L’écriture est légère, simple mais juste, très facile à lire. J’ai trouvé un peu dommage certaines facilités dans la construction de l’histoire et j’ai un peu déçue par la fin que j’ai trouvé rapide et le rebondissement final était un peu attendu.


En résumé, un très bon livre très prenant et très instructif sur ce corps de l’armée américaine. Je le conseille au plus grand nombre, même si, à mon avis, ce roman s’adresse davantage à un public féminin. C’est un 16/20 de mon côté !

mardi 7 juin 2016

Critique Livre n°45 : Ceux qui restent de Marie Laberge

          Salut la Compagnie !
 
En partenariat avec Babelio et les éditions Stock, j'ai pu découvrir le nouveau roman de la romancière canadienne Marie Laberge : Ceux qui restent. 
 
Quelques données sur le livre :
Titre : Ceux qui restent
Auteur : Marie Laberge
Année de parution originale : 2015
Année de la présente édition : 2016
Editions : Stock
Prix : 22,50€
Nombre de pages : 576 p.
 
Le résumé :
En avril 2000, Sylvain Côté s’enlève la vie, sans donner d’explications ni à sa famille ni à ses amis. Il ouvre une trappe sous chacun des siens. Ce garçon jeune à qui tout semble réussir disparaît et nul ne comprend.
Des années plus tard, sa femme Mélanie s’accroche à leur fils Stéphane, aujourd’hui devenu un fier jeune homme qui s’égare ; son père Vincent est parti vivre près des arbres muets ; sa mère Muguette a laissé échapper le peu de vie qui lui restait. Seule la si remuante et désirable barmaid Charlène, sa maîtresse, continue de lui parler de sexe et d’amour depuis son comptoir.
Ce n’est pas tant l’intrigue, si bien menée dans ce suspense psychologique, qui fait la puissance hypnotique du roman de Marie Laberge. Écrivain et dramaturge, elle joue à mettre en scène. Elle place l’absence de Sylvain, présente jusqu’à la douleur, au centre d’une ronde des ses personnages, qui parlent, se déchirent, s’esquivent, dans une langue chahutée, turbulente, hérissée comme une bête, qui charrie les émotions et les larmes, les soleils et les banquises, atteignant le lecteur au cœur.
« Je vais vivre, quel qu’en soit le prix. Je vais vivre, quel que soit le poids de mon cœur privé de toi. »
 
Mon avis :
Qu'arrive-t-il aux proches et à la famille d'une personne qui s'est ôté la vie ? Font-ils face ? Fuient-ils ? Les époques et les narrateurs se croisent dans ce roman qui parle de l'après, mais aussi un petit peu de l'avant. On suit les personnages sur une quinzaine d'années. Ils racontent ce dont ils ont envie de parler, les moments qui les ont marqués.
 
Comme un exutoire à l'incompréhension, son père, sa femme et sa maîtresse lui adresse des lettres. Celle-ci sont entrecoupées de passages romancés centrés sur un personnage en particulier. On apprend à connaître une grand-mère douce et présente, une mère névrosée et malade, un fils qui se cherche ou des amis un peu perdus.
 
La mort est omniprésente, mais aussi la vie et la sexualité des protagonistes. Cet « évènement » marque un tournant dans l'existence de chacun. Certains masques tombent. Certaines personnalités se révèlent. Peu importe le lieu, un bar, un hôtel, le fin fond d'une forêt, l'histoire fait la part belle à l'ambiance et aux relations entre les personnages.
 
Ça part dans tous les sens, ça ne fait pas dans la demi-mesure. L'écriture en fait de même. Elle est multiple et prend le ton du « je » qui raconte. Tantôt familière et châtiée, elle pétille à l'image du narrateur. Mais c'est du québécois, alors elle est parfois compliquée à comprendre pour nous petits Français métropolitains. Le discours de Vincent, le père, et les passages non épistolaires sont lui plus aisés car dans un français plus courant.
 
En résumé, le pitch est pas mal mais je n'ai pas accroché au point de ne pas lâcher le livre. Le langage a peut-être joué un peu. C'est dur de rentrer dans un livre où l'on bute sur chaque mot par moment. Néanmoins le message final est très touchant. Je lui donne un 14/20