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mercredi 20 juillet 2016

Critique Livre n°48 : 14-14 de Silène Edgar et Paul Beorn

           Salut la Compagnie !

Lors du salon de la littérature jeunesse de Montreuil en décembre dernier, j'ai eu l'occasion de rencontrer Silène Edgar et Paul Beorn. Leur livre me faisait de l'oeil depuis un moment. Alors je me suis lancée ! Et je ne le regrette pas. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman jeunesse. C'est parti pour 14-14 !  

Quelques données sur le livre :
Titre : 14-14
Auteurs : Silène Edgar et Paul Beorn
Année de parution : 2014
Editions : Castelmore
Prix : 10,90 €
Nombre de pages : 302 p.

Le résumé :
Hadrien et Adrien, deux garçons de 13 ans, habitent à quelques kilomètres l'un de l'autre en Picardie. Tous deux connaissent des problèmes à l'école, des troubles sentimentaux, des litiges avec leurs parents. Une seule chose les sépare : un siècle. Leurs destins vont se mêler et une faille temporelle leur permet d'échanger du courrier...

 

Mon avis :
Deux garçons se sentent un peu seuls, et le hasard (ou le sort !) va les rapprocher. Il leur est permis de démarrer une correspondance magique. Les lettres relient deux époques qu'on pourrait croire opposées. Mais comme l'évoque le résumé, même à 100 ans d'écart, les deux enfants se ressemblent énormément.

Adrien vit en 2014. Il commence et il finit le récit. Il est touchant, un peu gauche et terriblement attachant. Il décroche de l'école et se languit d'une jeune fille.

Hadrien est un jeune homme ne rêvant que du certificat et du petit lycée dans la « grande » ville de Laon. Il est en conflit avec son père qui ne voit en lui que le repreneur de la ferme familiale. Courageux et prévenant, il peut également se montrer parfois très égoïste quand l'école rentre en ligne de mire.

Deux enfances se croisent. Chacun a ses propres préoccupations et trouve chez l'autre une oreille attentive. A l'heure où tout change chez un garçon, l'autre sera d'un grand réconfort malgré des débuts chaotiques dans leur relation épistolaire.

Le conflit à venir pour Hadrien est en toile de fond, et même si les enfants ne le vivent pas dans le livre.

Cette histoire est prenante. Chaque page nous donne envie d'en découvrir un peu plus sur ces deux enfants, presque adolescents. L'écriture est simple, adaptée à des collégiens, mais elle est soignée. Le livre est très bien documenté. On sent tout l'effort des auteurs pour coller au langage des deux jeunes adolescents aussi bien en 1914 qu'en 2014.

En résumé, c'est un livre basé sur le mini humain en devenir, un livre sur le passage de l'enfance à l'adolescence, la prise de responsabilité, les amours déçues ou heureuses, la vie tout simplement. Le roman tisse également son histoire autour de la première guerre mondiale et l'impact qu'elle a eu sur les habitants des zones sinistrées.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Je le conseille aux jeunes comme aux (un peu) plus vieux comme moi. Et je lui donne un 18/20.

Enjoy :)

jeudi 18 février 2016

Critique Livre n°29 : Cité 19 de Stéphane Michaka

Salut la Compagnie !

Je tenais à remercier Babelio et aux éditions PKJ de m'avoir offert cette opportunité de découvrir le livre Cité 19 de Stéphane Michaka.
En avant pour une nouvelle critique !

Le résumé :
Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l'a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifier le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu'il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d'un inquiétant personnage. Elle suit l'homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille... 150 ans plus tôt ! Pour Faustine, c'est le début d'une série d'aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l'Histoire.

Mon avis :
Ce livre raconte donc l'histoire de Faustine, jeune lycéenne de 17 ans, qui se retrouve seule et livrée à elle-même dans le Paris d'aujourd'hui après le décès de son père. En cherchant des indices sur la disparition de son père à laquelle elle ne croit pas, elle suit un personnage mystérieux à l'allure de dandy. Elle se retrouve alors propulsée dans le Paris du XIXème siècle, d'Haussmann et du Second Empire. En cherchant ses marques dans ce nouvel univers qui ne lui est pas tout-à-fait étranger, elle s'improvise journaliste d'investigation et se lance aux trousses d'un tueur en série dans les rues en transformations des années 186(?) . Elle mène l'enquête dans les bas-fonds de Paris et l'île de la Cité, du moins dans la première partie. La seconde partie nous transporte dans un univers qui relève plus de la science-fiction, presque futuriste, que je vous laisse découvrir quand vous lirez ce livre.

Cette Faustine est un personnage très complexe. Elle est définitivement le centre de ce récit. Jeune fille un peu solitaire, préférant vivre au milieu des choses anciennes que dans le présent et les gens de sa génération. Elle a peu d'amis, sinon Vikram et Morgane. C'est la seule dont le personnage est clairement décrit de A à Z. Les autres ne le sont que pour apporter au récit.

J'ai beaucoup aimé le parallèle entre le Paris des deux époques. Le récit regorge de détail sur la vie à Paris. Les costumes, la vie parisienne, les travaux d'Haussmann, .... Autant de choses qui nous plongent davantage dans le récit.

Rajoutez une écriture très fluide, qui convient parfaitement à ce genre de roman. On tourne les pages les unes après les autres, à une vitesse folle et on se laisse emporter jusqu'à la fin du roman. La fin est un peu brutale en comparaison. On veut vraiment connaître la suite.


J'ai parfaitement adhérer au concept. Adorant Paris et cette époque, je me suis donc prise au jeu de l'enquête et de la découverte de l'univers. J'ai maintenant vraiment hâte de connaître la suite dans le tome 2 !! Je lui donne un joli 16/20. :)


Titre : Cité 19
Auteur : Stéphane Michaka
Année de parution : 2015
Editions : Pocket Jeunesse (PKJ)
Prix : 16,90 €
Nombre de pages : 349 p.

jeudi 28 janvier 2016

Critique Livre n°26 : The Revolution of Ivy d'Amy Engel

             Salut la Compagnie  !

Aujourd'hui je viens vous donner mon avis sur le tome 2 de The Book of Ivy d'Amy Engel. Pour mémoire ma chronique du tome 1 est par ici !

Attention, cette critique peut contenir des spoilers concernant le premier tome, ce livre en étant la suite directe.

Le résumé :

Née pour trahir et faite pour tuer... sera-t-elle à la hauteur ? 

 J'ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L'homme que j'aime.

 Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d'attendre que la faim et la soif et raison de moi. Ou bien qu'une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant... Mais je refuse d'abandonner. J'en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d'agir, enfin.

 Bishop me l'avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c'est encore pire. L'hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l'eau, des vivres, un abri. D'autres condamnés avec lesquels m'allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d'avant, me venger de ceux qui m'ont trahie... ou mener, purement et simplement, la révolution ?

 Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre.

Mon avis :

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé l'univers de Westfall et d'Ivy dans ce livre qui conclut la saga dystopique The Book of Ivy. Après le tome précédent, j'ai acheté tout de suite celui-ci, tant le devenir de notre héroïne était incertain. 

On retrouve donc cette dernière juste après son expulsion de Westfall. Elle doit maintenant apprendre à se débrouiller seule et surtout à survivre derrière la Barrière. Elle va découvrir que sa ville se berce d'illusions et quand elle est prête à tourner la page sur son ancienne vie, un jeune homme bien connu débarque. Et quand elle apprend les tourments dans lesquels s'engagent Westfall, elle doit faire un choix. Va-t-elle tout laisser tomber et les abandonner à leur sort, se venger des Lattimer ou de sa famille pour son calvaire ou bien va-t-elle essayer de faire bouger les choses ?

Côté personnages, ce livre est un peu le récit de la construction d'une Ivy, jeune fille fragile sous sa carapace et jusqu'alors enfouie derrière sa famille puis derrière Bishop. Elle se cherche, se perd, doute. Mais elle trouve aussi !
Bishop, comment ne peut-il pas nous manquer au début du livre... il reste fidèle à lui-même. Un parfait gentleman, mais conscient que parfois il faut se salir les mains pour un futur meilleur.
C'est aussi l'occasion de découvrir de nouveaux personnages comme Ash et Caleb. Même si on ne les découvre que trop partiellement à mon goût, ils sont les frères et sœurs que j'aimerai avoir.

Petit spoiler : Je trouve assez intelligent de la part de l'auteur de finir le roman là où il a commencé, mais le passage d'un acte forcé à un acte choisi reflète bien l'ensemble de cette saga.  

L'univers change un peu par rapport au premier tome. En effet, on sort de Westfall et c'est le moment de découvrir ce qu'il est advenu de notre belle planète bleue. Elle qui n'était pas très hospitalière, elle l'est encore moins. Et on frissonne à chaque page quand le froid glacial enveloppe les personnages. On découvre également comment les humains se sont organisés en une nouvelle société, malgré l'absence de chef. Le seul désir de chacun, survivre. Alors tout le monde y met du sien. Vision peut-être utopiste mais rassurante quelque part.

L'écriture d'Amy Engel est addictive car elle va crescendo dans le récit. L'histoire possède un rythme narratif qui ressemble beaucoup au tome précédent, à savoir une lente construction et une précipitation à la fin vers le dénouement final. 

En résumé, j'ai vraiment aimé, même si un petit je ne sais pas quoi manquait à la fin. Ce qui est sûr c'est que ça fait passer les transports en commun de façon très agréable. Je lui donne un 18/20.
 
Titre : The Book of Ivy, tome 2 : The Revolution of Ivy
Auteur : Amy Engel
Année de parution : 2015
Editions : Lumen
Prix : 15 €
Nombre de pages : 322 pages

dimanche 20 décembre 2015

Critique Livre n°21 : La Princetta et le Capitaine d'Anne-Laure Bondoux


Salut la Compagnie !  

Aujourd'hui c'est au tour d'un livre que m'a conseillé Eole des Lectures d'Eole : La Princetta et le Capitaine d'Anne-Laure Bondoux.

 Le résumé :  
Malva, l'héritière du trône de Galnicie, refuse de se marier à celui qui lui a été promis et décide de s'enfuir. Une stupéfiante l'entraîne aussitôt dans le tulmute des guerres et des tempêtes. Son destin finit par croiser celui du Capitaine Orphéus Mac Bott. Les deux héros et leurs six compagnons de fortune vont subir mille épreuves pour avoir osé se lancer dans ce voyage au-delà du monde connu.

Mon avis :
Ce livre commence par suivre deux personnages distincts. D'un côté, Malva, la Princetta, qui rêve de voyages, d'évasion et d'aventures. De l'autre, Orphéus, qui n'est jamais parti en mer malgré le fait qu'il est le fils d'un capitaine en vue dans le royaume de Galnicie.
Le récit est séparé en deux parties. La première raconte comme la Princetta d'échappe, se perd, et comment un équipage part à sa recherche. Le récit alterne entre les aventures de Malva et d'Orphéus. La seconde partie réunit les deux comparses et les aventures à bord de la Fabula au delà des mers connues.
C'est donc le récit d'une espèce de road-trip, d'une quête à la conquête d'eux-mêmes. Malgré quelques évènements prévisibles, on est surpris agréablement par moment. Et mon Dieu, ... quelle fin ! C'est la plus grosse des surprises !

Côté personnages, on a donc Malva, enfant gâtée et capricieuse, mais aussi curieuse et rêveuse qui apprend à tempérer ses ardeurs tout au long du voyage. Elle fait face à Orphéus, qui a définitivement quelque chose à prouver, mais avec sa droiture, sa loyauté et son instinct sans faille, il est super craquant !
D'autres personnages viennent graviter autour de ses deux protagonistes. Des gentils, des méchants, dont un en particulier qui , mu par la haine et la soif de pouvoir, traquera Malva partout ou elle ira. 

L'univers du roman est comparable au temps des conquistadors, avec quelques éléments surnaturels en plus. Les noms sont clairement empruntés au notre et à des moments dans l'histoire de ces pays. L'univers est riche et les quelques descriptions servent le récit admirablement.

 L'écriture quant à elle est agréable. C'est de la littérature jeunesse, mais elle est agrémentée de noms et de mots qui nous immergent encore davantage dans ce monde. 

En conclusion, le récit est prenant. L'histoire est très construite malgré quelques facilités un peu prévisibles et peut plaire même aux plus âgés comme moi. Les personnages sont attachants et loin d'être vide et irremplaçables. La fin nous met une claque !  C'est un 18/20 pour moi !
 
Titre : La Princetta et le Capitaine
Auteur : Anne-Laure Bondoux
Année de parution originale : 2004
Editions : Le Livre de Poche Jeunesse (éditions de 2006)
Prix : 6,50 €
Nombre de pages :  570 p.

lundi 14 décembre 2015

Critique Livre n°20 : Les Fiancés de l'Hiver (La Passe-miroir, tome 1) de Christelle Dabos

Salut la Compagnie !  Je viens vous parler d’un livre que j’ai adoré : La Passe-Miroir, tome 1 : les Fiancés de l’Hiver de Christelle Dabos.

Le résumé :
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.

Mon avis :
Ce livre se passe dans un monde proche. Après un cataclysme, les gens vivent maintenant sur des arches, comme des morceaux de terres dans le ciel. Sur l’une d’elle, Anima, arche qui abrite la famille d’Artémis, vit Ophélie. Son monde se trouve bousculé lorsqu’elle est contrainte d’épouser Thorn, rude personnage habitant le Pôle, arche sous la protection de l’esprit de famille Farouk. 
Elle s’embarque alors vers un pays aussi froid que l’est son « fiancé » à son égard. Elle est un peu perdue et n’est clairement pas la bienvenue. Elle passe du tout au rien, d’un climat tempéré à un éternel hiver, d’une famille exubérante à une famille cruelle, d’une vie discrète à une vie cachée. On suit donc ses aventures et ses tentatives pour survivre dans un monde qui lui est étranger et où tout est une menace pour elle.

J’ai adoré le personnage d’Ophélie, elle est un peu comme moi par moment. Elle ne se laisse pas faire et cherche à comprendre ce nouveau milieu qui est désormais chez elle. Elle est très courageuse malgré ce que l’on peut croire au début. Elle est surtout très intelligente et déterminée.  Elle est accompagnée de sa tante et marraine Rosalind. Elle qui remplit très bien son rôle de chaperon, qui agace parfois, est un peu vieux jeu, mais est toujours présente pour sa nièce.
Le fiancé du Pôle, Thorn est difficile à apprécier, on ne le voit que très peu, il ne parle presque pas, du moins pas de lui,… il est distant, il est tout autant apte à tromper et à comploter que les autres habitants du Pôle.
Durant tout son séjour, Ophélie est sous la protection de Berenilde, la tante de Thorn. C’est l’archétype de la Favorite. Elle peut se montrer cruelle mais fait de son mieux pour protéger la petite animiste des dangers qui l’entourent. Elle est également profondément fragile sous sa carapace, et elle est toujours en attente d’une marque d’affection de la part de Farouk, le Chef de la famille du Pôle.

L’univers du roman est ici très riche. Chaque arche est sous la direction d’un Esprit de famille, dont chaque habitant est le descendant. Chaque arche possède aussi son ou ses pouvoirs spécifiques. Sur Anima, les animistes donnent vie aux choses, lisent l’histoire des objets et passent les miroirs. Au Pôle, suivant les branches, les habitants possèdent la capacité de faire du mal au gens par leur esprit, de créer des illusions, ….
La Cour de la Citacielle m’a fait penser à celle de Versailles, tout est politique, dissimulation, apparences, complots, tromperies, cruauté, … Mais aussi dans la façon dont les différentes branches familiales se disputent les faveurs du chef (les férus d’histoire comprendront, les autres révisez les querelles entre légitimistes et orléanistes :) ). L’honneur de la famille et les mariages arrangés pour le bien de la Famille sont deux autres dynamiques du roman.

Ne vous fiez à rien ! Tout est illusion !

Concernant l’écriture, ce livre se lit tout seul. J’aime beaucoup la plume de Christelle Dabos. Parfois pétillante, elle s'assagit pour faire passer des émotions fortes. Et quand l'héroïne est installée et que le roman tourne un peu en rond, le récit reprend de plus belle et la fin est magistrale.

En conclusion, j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. C'est rafraichissant de voir qu'un univers tout neuf et aussi riche peut apparaître comme ça. Ophélie est ultra-attachante et quand on pense savoir ce qu'il va se passer, c'est juste pour se rendre compte aussi tôt à quel point nous nous sommes trompés et on se fait totalement absorber par le récit !

C'est un presque-coup de coeur ! C'est donc un 19,5/20. 

Titre : Les Fiancés de l'Hiver, La Passe-miroir tome 1 
Auteur : Christelle Dabos
Année de parution : 2013
Editions : Gallimard (Jeunesse)
Prix : 18 €
Nombre de pages : 519 p.